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Rock'n'folk

Rock'n'folk

Pierre Mikaïloff le 10 mars 2007

Paul Collins


Paul Collins

Paul Collins en France

10 février, Flèche d’or (Paris) T-shirt à rayures, Converse, Fender… Nous sommes bien en face d’un groupe power pop californien, fin des 80’s. Sauf que nous sommes en 2007 et que Paul Collins est entouré d’une bande de madrilènes bravaches.

Ils attaquent sans prévenir. Intro limpide, calibrée pour les radios. Mais que foutaient les radios en 80 ? Ce type devrait être une star. Que lui a-t-il manqué ? Pas les chansons ! Pour preuve, ce « Hangin’ On The Telephone », transformé en or par Blondie. Mais Paul s’en fout. Il aligne ses tubes : « The Kids Are The Same », « All Over The World » et, surtout, cette chanson au thème plus mythique que le monstre du Loch Ness : « Rock’n’roll Girl ». Pas une star ? On peut trouver mille explications, oublions. En revanche, pourquoi n’est-il pas un mythe, comme les Groovies ? L’explication est simple : Paul est sincèrement, incurablement gentil. Tout le truc des Nerves et de The Beat était là : proximité ! Deux heures plus tard, je retrouve les mêmes, sur la petite scène d’un bar de la rue de Bagnolet. Ils joueront plus d’une heure. Après tout, on faisait bien trois shows par soir au Star Club.



Libération

Libération

François-Xavier GOMEZ (envoyé spécial à Madrid) le 29 décembre 2006

Paul Collins


Rock. Avec le CD «Flying High», le guitariste américain reprend du service.

Paul Collins, vétéran pas rangé

Paul Collins CD : «Flying High» (MVS Records / Anticraft). En concert le 20 janvier à Mont-de-Marsan (Centre d'art contemporain), puis le 10 février à Paris (La Flèche d'Or, à confirmer).

Les Bains-Douches, le Rex Club, le Gibus... Paul Collins va devoir s'y faire : les lieux où il se souvient d'avoir joué ne comptent plus vraiment dans la géographie rock parisienne. Vingt ans ont passé depuis, assez de temps pour que son statut de sensation pop américaine s'estompe et que son nom ne parle plus qu'à une poignée de quadras collectionneurs de vinyles. Pourtant, la musique dont Collins était le porte-drapeau, un pop-rock insolent aux mélodies accrocheuses, est censée revenir en force, version potache avec Green Day (qui aurait repris en concert Rock'n'Roll Girl, du premier album de Paul Collins), ou versant arty avec The Strokes. Trente ans après son premier enregistrement, le mythique EP (45 tours quatre chansons) des Nerves, trio qu'il fonda à L.A. avec Peter Case et Jack Lee, Paul Collins revient sur le devant de la scène avec un disque vigoureux et bourré de bonnes chansons.
Riffs saignants. La découverte de l'Europe par ce New-Yorkais globe-trotter (enfance en Grèce, au Vietnam...) remonte au tout début des années 80, en pleine effervescence new wave. Avec son groupe The Beat (qu'il devra plus tard rebaptiser Paul Collins Beat, pour éviter toute confusion avec le groupe de ska britannique The Beat), il enregistre l'émission Chorus d'Antoine de Caunes (les bandes doivent être quelque part) et squatte la playlist de Bernard Lenoir sur France Inter. Avant les Fleshtones et les Plimsouls de son pote Peter Case, il incarne le power pop US, un univers adolescent aux refrains futiles cisaillés de riffs saignants. «Le résultat de la musique de mon adolescence, analyse le chanteur, un mélange des tubes Motown et de la British Invasion, le déferlement des groupes anglais, Beatles et Stones en tête.»
Avec son tic-tac de machine infernale, en descendance de Friday on My Mind d'Easybeats, Dont Wait up for Me Tonight peut revendiquer le titre d'hymne de ces années 80 fécondes. Pourtant, après deux albums pour la multinationale CBS, Paul Collins Beat se voit rendre son contrat : «A la suite d'un changement à la tête du label, tous les artistes qui n'avaient pas atteint le seuil des 600 000 ventes ont connu le même sort», se rappelle Collins avec une pointe d'amertume. Coupé dans son élan, le groupe vivote, puis décide, après un changement de formation, de se réfugier sur le Vieux Continent. En France, le groupe sillonne le circuit des MJC pendant que les fanzines axés rock garage ( Nineteen à Toulouse, Rock Ballad à Bordeaux, Tant qu'il y aura du rock à Orléans) lui tressent des louanges. Quelques disques sortent, de façon anarchique, dont, déjà un live à Madrid.
De retour aux Etats-Unis, Paul Collins ne connaît pas le retour en grâce qu'il espérait. « Le disque que j'ai sorti là-bas, en 1993, était loin d'être mauvais, à mon sens, confie-t-il. Mais pas grand monde ne l'a écouté. C'était l'époque où le grunge, avec Nirvana et Pearl Jam, balayait tout.» Son statut d'artiste culte lui vaut de voir ses chansons reprises dans un disque tribute sorti en Australie, mais il avoue aujourd'hui avoir à cette époque perdu le goût de composer. «Mon retour en Europe a à voir avec le 11 septembre, poursuit-il. A cette époque, ma femme, qui est espagnole, n'adorait pas la vie à New York. Juste après les attentats, nous avions profité d'une tournée programmée de longue date pour changer d'air. Ici à Madrid, j'ai vite recommencé à composer et tourne aujourd'hui avec de jeunes musiciens enthousiastes qui connaissent mon ancien répertoire mieux que moi-même.»
Bière. Avec son nouveau disque Flying High, sorti fin 2005 en Espagne et le mois dernier en France, Paul Collins semble décidé à faire de 2007 l'année de ses retrouvailles avec le public français. Devant une bière, dans une brasserie de la Gran Via, il évoque ses années parisiennes, ses amis de l'époque (Téléphone, Lili Drop) et avoue : «Beaucoup de gens ont baissé les bras ; moi, je ne me suis jamais posé la question. J'aime toujours autant écrire des chansons et les chanter sur scène.»



Bordeaux plus

Bordeaux plus

Paul Collins


Il reprend pied et de la plus belle des manières

Il reprend pied et de la plus belle des manières

Avec The Nerves, trio magnifique, puis Paul Collins’ Beat et enfin The Beat, Paul Collins écrivit l’une des plus belles page du rock Californien early 80’s ; elle restera néanmoins trop confidentielle pour que ses mélodies power-pop lui assurent une rente de survie. Il sombre avec les années 80, se réfugie en Espagne où il amorce une reconstruction méthodique. Perso : il marie une Ibère ; pro : il lance sa petite industrie musicale ; et voilà qu’aujourd’hui il reprend pied et de la plus belle des manières, avec une armée de guitares electro acoustiques et une salve de pop-songs qui fait mouche. ‘Helen’ est irrésistible, ‘More than yesterday’ tient ses promesses, ‘Paco & Juan’ sont d’agréable compagnie et ‘Silly Love’, ‘Afton Place’ ainsi jusqu’à épuiser le tracklisting. Même en cherchant, il n’y a rien à jeter.



Epok

Epok

P.B. le 17 novembre 2006

Paul Collins


Une poignée de pop songs lumineuses et serrées

Une poignée de pop songs lumineuses et serrées

On pouvait s'attendre au pire avec ce retour, après un long silence, d'un musicien dont l'heure de gloire, du côté de New York, remonte au début des années 80 avec The Beat. Paul Collins s'en sort finalement bien, et fignole avec élégance une poignée de pop songs lumineuses et serrées, fredonnées d'une voix juvénile qui ferait presque oublier les rides ou la presbytie. De quoi émouvoir les vieux fans et éveiller la curiosité des plus tendres oreilles.



Le Jeudi

Le Jeudi

Christophe Prévost le 16 novembre 2006

Paul Collins


Pop, branchée ou non

S'il fallait tracer une généalogie et remonter à la genèse de la power-pop US, on retomberait à plusieurs reprises sur le nom de Paul Collins, dès 1975 avec les Nerves. Il revient après dix ans d'absence en renouant avec bonheur avec une pop-rock au son clair et aux guitares vives. Si les harmonies vocales restent imparables, elles s'appuient sur une inspiration qui n'a plus rien de juvénile. D'où le subtil équilibre entre légèreté et observation désabusée qui fait la force de Flying High. Et c'est bien l'effet qu'il procure (MVS).