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Le mois Nantais

Le mois Nantais

Laurent Charliot le 8 septembre 2006

The Golden Republic


RepublicMania

Originaires du Kansas, ces 4 jeunes garçons presque trentenaires n'ont rien à envier à leurs grands frères de Nada Surf avec qui ils partagent le label et auprès desquels ils ont fait leurs premières armes en tournées US. Leur 1er album sorti avant l'été est produit par Peter Katis (Interpol) et oscille entre nos petits français The Film pour le glamour et le côté 70's et les Muse pour la capacité à produire de solides et somptueuses mélodies. Du style et de la classe, un rock indie US qui leur a déjà valu outre-atlantique de collectionner les singles, alors, vite à vos platines, avant que la RepublicMania viennent envahir nos côtes...



Canoe.ca

Canoe.ca

Carl Charest le 6 septembre 2006

Les Trois Accords


Les Trois Accords — Grand Champion International de course

UN DISQUE CHAMPION

L’album Grand Champion International de course des Trois Accords, stimule l’intérêt de tous ceux qui aiment la musique francophone.

UN DISQUE CHAMPION

Plusieurs m’ont questionné à savoir s’il est aussi bon que Gros Mammouth, et ma réponse n’a pas encore changé après 4 ou 5 écoutes. Oui, Grand Champion International de course est un bon album.

Mais, il n’est pas plus ou moins bons que Gros Mammouth, c’est plutôt sa suite logique, et elle plaira énormément aux fans des Trois Accords... et donnera la nausée à ceux et celles qui n’ont pas apprécié leurs débuts.

Les paroles sont aussi folles, la musique est toujours aussi simple, mais le mélange est toujours aussi absurde et intéressant.

Vous en doutez? Eh bien allez vous procurer l’album et dès les deux premières pièces, vous serez en mesure de constater que le ridicule ne tue pas. Bing Bing est probablement ma pièce préférée. Il n’y a rien comme entendre 5 adultes scander un petit Bing Bing moyennement aigu pour montrer que le mélange est encore et toujours aussi réussi.

La seconde pièce, St-Cyrille-de-Wendover, vous impressionnera par sa naïveté. Difficile de s’imaginer que l’on puisse raconter l’état des routes de la ville dans une pièce musicale, mais c’est mal connaître les Trois Accords.

D’ailleurs, bien que la pièce éponyme soit excellente, je crois que j’aurais aimé avoir Bing Bing comme premier single. Elle possède ce «je ne sais quoi» qui avait fait le succès d’Hawaïenne et de Lucille.

GCIDC est plus rock et démontre l’évolution dont le groupe devait faire preuve afin de ne pas se faire détruire par la critique et plaire du même coup à ses fans.

Le groupe se fait aussi les dents sur d’autres styles musicaux, comme Tout nu sur la plage qui comporte une simili-chorale. Voilà le genre de détail qui leur permettra d’aller au-delà de la blague du gars saoul autour du feu.

Longtemps, j’ai cru que les Trois Accords ne seraient qu’un groupe d’un seul succès, mais force est de constater qu’ils parviendront probablement à entrer dans l’imaginaire collectif québécois et à nous faire sourire, égayer nos journées et nous donner envie de répéter leurs paroles farfelues.

Bref, GVIDC réussit sa mission. Il est fou, disjoncté et intense. Il explore les facettes de la musique humoristique et absurde et tente de pousser le genre plus loin sans toucher au style pur qui caractérise les Denis Drolet.

Les Trois Accords ont réussi à se construire une niche avec leur musique bien unique et ils ne dévient pas de leur trajectoire: on ne peut que les en féliciter. La pression était si forte que la tentation a surement dû être intense et ils auraient pu décider de toucher à un tout autre style. Mille fois bravo à ces gars de Drummondville et bonsuccès à leur deuxième disque.



Bande à part

Bande à part

François Lemay le 5 septembre 2006

Les Trois Accords


LES TROIS ACCORDS

GRAND CHAMPION INTERNATIONAL DE COURSE

C'est quoi? C'est Grand champion international de course, le deuxième album des Trois Accords. Après le succès phénoménal de leur album précendent, le très bien vendu Gros mammouth album turbo, il faut dire que la pression est assez forte pour la formation drummondvilloise.

GRAND CHAMPION INTERNATIONAL DE COURSE

Changement de recette?
Les Anglais vous le diront : si quelque chose n'est pas brisé, il ne faut pas le réparer. C'est exactement ce que les Trois Accords ont décidé de faire. De retour, donc, les mélodies accrocheuses et bien ficelées et les textes efficacement faciles. Comme des petits coups de poing dans les oreilles, ceux-ci ont pour attribut de venir se lover dans notre cerveau pour ne plus jamais en sortir. Jamais. La très répétitive Pièce de viande, par exemple, vient s'incruster au plus profond de notre mémoire auditive, prisonnière de notre tympan. Allons, crions ensemble, une fois pour toutes : PIÈCE DE VIANDE! Au moins, ça fait du bien.

Plus mature?
Presque. En fait, il y a sur ce disque un petit quelque chose d'indéfinissable qui nous fait constamment douter de la véritable futilité de l'exercice. Sans chercher exagérément un sens caché à toutes les pièces, il y a quelques indices dans certaines pièces qui annoncent un certain deuxième degré. En revanche, chaque fois que l'on pense avoir saisi un sens autre à tout ce joyeux délire, une phrase qui tue nous ramène à l'ordre, toutes affaires cessantes. Et, au milieu de tout ça, la très dérangeante Tu, avec ses guitares à l'envers, évoquant de loin Revolver des Beatles, l'air de ne pas y toucher. En fait, le dernier tiers de l'album peut sembler un petit peu plus sombre, laissant présager peut-être de la direction que pourrait prendre la formation, sur le prochain disque.

Meilleur ou moins bon?
Si vous aimiez les Trois Accords, vous allez continuer de les aimer. Si vous les détestiez, vous allez continuer de les détester. Profondément. Cela dit, j'avoue avoir eu de la difficulté à apprivoiser cet album. Même si cette affirmation peut sembler prendre la forme d'un certain désaveu, j'aurais plutôt envie de dire le contraire. Que le fait que Grand champion international de course est peut-être un peu plus complexe que l'album précendent. Un peu moins racoleur, mieux bricolé. Les musiques sont efficaces et surtout un peu plus apprêtées. Est-ce que cet album connaîtra le même succès que Gros mammouth album turbo? Et si on s'en fichait et qu'on cessait de bouder notre plaisir?
Une écoute championne de François Lemay



Popnews

Popnews

Frédéric Antona le 4 septembre 2006

Paul Collins


la power pop dans ce qu'elle a de plus profondément jouissive

Ces accords de Telecaster aigrelets, plaqués avec une rage contenue, les dents serrés… la power pop dans ce qu'elle a de plus profondément jouissive. Tous ces groupes, les Plimsouls, les Barracudas, les Replacements, Vic Godard & Subway Sect, et les Nerves, bien sûr. Auteurs de ce classique absolu, "Hanging On The Telephone", qui fut repris en 1978 (de bien belle façon) par Blondie, sur leur album "Parallel Lines", les Nerves jetèrent l'éponge peu de temps après, et le batteur du groupe, Paul Collins, partit fonder The Beat (rebaptisé Paul Collins' Beat), qui sortit deux albums au début des années 80. Installé en Espagne, Paul Collins sortit une ribambelle de disques dans lesquels il lui arrivait parfois de croiser le fer guitaristique avec une autre légende vivante, Cyril Jordan, une des éminences grises des Flamin Groovies. Collins fait partie de cette génération qui croyait en un retour aux sources salvateur, en une musique électrique et sans fioritures, héritée des early Who, où l'énergie échevelée le disputait à un sens aigu de la mélodie imparable.

"Flying High" marque son retour à une power pop dont il a contribué à poser les bases, avec des constructions mélodiques au cordeau, renforcées par une énergie et une inspiration indéniables. C'est avec bonheur que l'on retrouve ce plaisir tout simple de pouvoir siffler le morceau sous la douche, où d'être pris d'une crise de guitare imaginaire devant la glace (que celui qui ne l'a jamais fait me jette la première pierre) au son de ce "Rock'n'Roll Shoes", si évident et imparable qu'elle ferait passer un morceau de Paul Weller pour du Can. Cet héritage du Velvet, cette aridité sonore si essentielle à nos yeux, on peut les retrouver dans "Helen", qui sonne à s'y méprendre comme le "Rock'n'Roll" du groupe de Lou Reed. "Silly Love", avec ses guitares maniaques, ses soli sur une corde, rappelle que le rock reste une question de frustration et de mal de vivre.

"I'm on Fire", ballade acoustique parsemée de piano et d'un bottleneck déjanté, révèle une autre dimension dans l'œuvre de Paul Collins, plus intimiste mais tout aussi poignante. "Bobby" est de la même teneur, avec une mélodie façon "It's Not Enough" de Johnny Thunders & the Heartbreakers. Collins n'est pas si loin du Springsteen de "Nebraska" ou du Dylan de "Desire" lorsqu'il se saisit d'une guitare Martin.

Les douze titres se dévoilent ainsi, entre électricité sèche et intimisme brisé (ahhh, cette voix déchirée sur "FDR"…). Je vous entends déjà vous interroger: "Mais en quoi diable ce disque se distingue-t'il de ces centaines de disques sortant tous les ans, et se situant exactement dans la même veine ?" L'Histoire, d'abord. Le talent, ensuite.



Zicazic

Zicazic

Emil Bulls


Affreux, sales et méchants

Affreux, sales et méchants

Parvenu à surmonter une fin de contrat houleuse avec son précédent label et le départ quasi-simultané de son batteur, Emil Bulls revient plus fort que jamais avec un nouvel opus en forme d’hommage à sa Bavière originelle … De là à penser que les yodles et autres cors traditionnels sont omniprésents sur la rondelle, il n’y a qu’un pas que Christ (guitare et chant), Moik (guitare), Chrissy (guitare), Citnoh (basse) et Fab (batterie) vont vite vous empêcher de franchir avec un concentré d’énergie qui fait plaisir à voir. Produit par Klaus Scheurmann, guitariste de Farbe Fünf, « The Southern Comfort » en appelle autant à une énergie très punk qu’à des accents pops teintés d’emo et de rock avec des mélodies accrocheuses et des refrains immédiats … Peut on y voir le pendant germanique d’un mélange où l’on retrouverait une dose de Placebo et une autre de Kyo avec pas mal de Sum41 autour ? Pourquoi pas …

Affreux, sales et méchants, c’est l’image que ces bad boys venus des contreforts des Alpes bavaroises cherchent à donner et si l’on s’en arrête à des guitares vives et tranchantes et à des paroles d’où sortent quelques fuck et autres délicatesses de ce genre, on serait presque tenté d’y croire. Ce serait sans compter sur des riffs bien construits qui font montre d’une réelle technique musicale très au point et sur une structure rythmique jeune mais ô combien efficace ! Un poil délirant avec les arrangements inattendus de « Revenge », « The Southern Comfort » resserre vite sa ligne d’attaque et nous tire coup sur coup des boulets tels que « Wolves », « At Fleischberg’s » ou « Magnificent Lies », cédant régulièrement toutefois à l’appel des rimes délicatement acidulées et des chœurs racoleurs sur un « Newborn », un « Southern Lullaby », un « Mongoose » ou un « Baccham » qui ne manqueront pas de leur ouvrir les portes des radios nationales et internationales. Les plus hardis des teenagers y trouveront de quoi se secouer les neurones sans trop effrayer leurs géniteurs qui se montreront très vite rassurés par les morceaux les plus softs et qui cèderont sans trop de méfiance à l’appel d’un groupe qui a plusieurs as cachés dans ses manches. Plutôt versatile dans son contenu, l’ouvrage ne séduira sans doute pas tout le monde de bout en bout mais réservera à chacun nombre de beaux moments qu’il convient de ne pas bouder … Sortie le 11 septembre.