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Notulus

Notulus

Notulus le 9 mars 2010

Saycet


Saycet,nouvel album

Saycet n'est pas qu'un groupe, c'est un univers. Touches électroniques, notes de piano et chant diaphane composent les paysages denses plongés dans la brume de ce deuxième opus très attendu du génie de l'electronica française.

Saycet,nouvel album

Révélé il y a quelques années par Les Inrockuptibles grâce à CQFD, Saycet fait son apparition dans le paysage musical français comme un souffle frais. En 2006, "One Day At Home", encensé par la presse spécialisée, est un coup d'essai transformé en coup de maître. Là où d'autres avant lui s'étaient aventurés, Saycet réussit le tour de force de nous transporter au-delà de ses pérégrinations expérimentales, dans des contrées accueillantes.
S'échappant des sentiers battus de l'electronica et de l'Intelligent Dance Music parfois inaccessible, Pierre Lefeuvre, instigateur du projet musical Saycet, compose une musique délicate et onirique, parfois chargée d'une nervosité palpable, se nourrissant de ses diverses découvertes musicales au fil des années : Boards of Canada et en particulier l'album "Geogaddi", mùm, les labels Morr Music et Warp.
Plus tard, sa curiosité est stimulée par la musique minimaliste, moins dans l'air du temps. D'un côté, "Music For 18 Musicians" et "Electric Counterpoint", deux pièces majeures de Steve Reich purement acoustiques, qui lui font prendre conscience d'une approche différente de la musique, tandis que les travaux ambients de Brian Eno, "Music For Airports" et "Another Green World" redéfinissent sa conception de la composition.
Avec "Through The Window", Saycet marque le désir de dessiner une ligne directrice, pour mieux laisserl'auditeur s'échapper, avec un couplet et un refrain qui sont comme des mélopées.

Une étape également marquée par la rencontre de Phoene Somsavath qui, au chant, parvient à révéler un tout autre aspect de la sensibilité de Saycet. Jusqu'alors, les voix entraient en coup de vent, enveloppées dans des effets. On pouvait entendre sur "One Day At Home" quelques bribes de phrases et balbutiements presque enfantins.
De sa voix feutrée, Phoene Somsavath raconte l'absence et l'attente, tout en laissant place aux nondits et à leurs échos.
Quant à Zita Cochet, vidéaste au sein du projet Saycet, elle nous ouvre les yeux et nous fait évoluer vers un autre territoire sensoriel. Elle suit entre autres une démarche narrative mettant en lumière la poésie des éléments qui nous entourent.
La fenêtre étant la seule vue sur le monde extérieur, on parvient enfin à s'échapper. Et plus qu'un voyage introspectif ou une mise en abîme de nos émotions, comme ce fut le cas pour "One Day At Home", "Through The Window" nous invite à l'éveil et à la conscience de soi, de l'autre, avec pudeur.

"Through The Window" sera disponible le 22 mars 2010



Tribu Move

Tribu Move

Tribu Move le 9 mars 2010

Buzy


Buzy

Plus philosophe que jamais !

Trois ans après « Borderlove », Buzy, apaisée, nous livre le fruit de son travail introspectif, de sa vision des relations amoureuses comme sur le premier extrait « Sous X » et de la vie virtuelle vers laquelle nous allons. Véritable pamphlet contre notre société actuelle, ce nouvel album, « Au Bon Moment, Au Bon Endroit », permet de faire un état des lieux ! Buzy prend aussi position en faveur de l’écologie, mais le fil conducteur de ce projet est le temps. De grands noms y ont participé : Gérard Manset, Jean Fauque, Rodolphe Burger, Yan Péchin et Daran. Le résultat est un pur joyau, à contre-pied de la production actuelle, et est matière à la réflexion et à la méditation. Au final, c’est un disque lumineux et plein d’espoir dont il se dégage une certaine forme de spiritualité et de philosophie de vie : vivre la vie à pleines dents au moment présent !

Plus philosophe que jamais !

Pourquoi as-tu mis trois ans pour sortir un nouvel album ?

A la fin de « Borderlove », je n’avais plus envie de faire de disque ! Chez moi, c’est assez récurent. J’avais fait beaucoup de promo et j’étais fatiguée de ce métier en général. J’ai fait des concerts et le hasard a voulu qu’un fan soit là. Comme on se connaît depuis des années, je lui ai fait part de mon désarroi au niveau de ce qui se passe dans les maisons de disques et du financement. Il m’a donné de l’argent pour que je produise mon album. J’ai pris ça comme un signe, nous avons monté une boîte de prod ensemble, et je me suis mise sur cet album.

De prime abord, les textes ont l’air léger, alors qu’il y a beaucoup de profondeur, de nombreux messages et un gros travail introspectif.

Depuis six ans, je suis psychothérapeute donc j’ai une ouverture sur l’être humain et ça a dû me nourrir artistiquement. A force d’aider les gens, ça a déteint de façon positive sur mon expression artistique. Ce n’est pas forcément : « Moi, je ». Mais c’est vrai qu’il y a aussi une part de moi comme sur « Éphémère » qui traite du deuil : il y a deux ans et demi, j’ai perdu ma grand-mère qui était la femme de ma vie et mon père.

Ces chansons sont comme un instantané de notre époque et de la société.

C’est absolument ce que je voulais. Mon travail de thérapeute me place face à des jeunes de 20 ans, face à des femmes entre 30 et 39 ans, donc pas forcément face à des gens de ma génération. Je vois tout un tas de milieux et d’âges différents et ainsi ce qui se passe dans cette génération complètement différente de celle des années 80.

« L’homme se singe » est un pamphlet contre l’uniformisation des consciences !

On se copie tous. Dans les années 80, l’idée était d’affirmer nos différences : vestimentaire, politique… Aujourd’hui, nous sommes dans l’uniformisation, toutes les femmes doivent être pareilles, la mondialisation et le politiquement correct. On doit être formaté en tout !

Pour moi, cette mondialisation crée l’individualisme et nos hommes politiques n’ont de cesse de vouloir lutter contre le communautarisme, mais si notre République était plus égalitaire, il n’y en aurait pas !

C’est une évidence. J’ai l’impression que la nouvelle génération n’a pas d’enfants rebelles en elle et elle accepte à peu près tout ce qui se passe, excepté les gens de 20 ans qui sont plus réactifs. Par contre la génération des trentenaires se moule dans ce qu’on leur offre et ils sont dans une situation très victimisante. Ce qui n’était pas le cas de ma génération !

D’après toi quelles en sont les causes ?

Je dirais que c’est à cause de la presse et des médias qui ont fait de la femme une espèce d’objet qui ne doit pas vieillir, qui doit être parfait, qui ne doit pas avoir de gras… Il faut qu’elles soient toutes pareilles et elles le sont : elles achètent toutes leurs fringues dans les mêmes boutiques…

Après « Je suis un arbre », extrait de « Borderlove », tu abordes de nouveau l’écologie dans « Les fleurs me parlent ». C’est l’un de tes combats ?

J’ai une vraie passion pour la nature, je viens de province et je suis extrêmement sensible à ça. J’aime bien les animaux, mais je préfère la flore. Il faut respecter la nature, c’est le problème numéro un qui va nous tomber sur le nez avec le dérèglement climatique… Il y a une destruction massive de la planète et il faut aujourd’hui se ressaisir ! Maintenant les politiques ne le comprennent pas. Je pense qu’il y a quand même pas mal de gens qui sont extrêmement sensibilisés à ça et qui individuellement essayent de faire leurs petites actions, moi compris, mais cela ne suffit pas… Les hommes politiques ne prennent aucune décision à cause du lobbying capitaliste et ça remettrait énormément de choses en cause. C’est grave lorsqu’on voit ce qu’il se passe en Antarctique. Nous ne sommes qu’au début des problèmes d’eau, de pollution…

De grands noms ont participé à cet album. Comment cette équipe s’est conçue ?

Ce sont des gens pour lesquels j’ai un immense respect au niveau de leur travail. Je connais Gérard Manset et Jean Fauque depuis des années. Je ne connaissais pas Daran et j’ai envoyé un mail à Rodolphe Burger qui m’a répondu. Je lui ai alors envoyé le texte « Au Bon Moment, Au Bon Endroit », qui a donné son nom à l’album. Toutes ces collaborations se sont passées avec une espèce de fluidité extraordinaire. Très simplement.

Le titre de l’album, c’est ta vie car ta carrière s’est construite autour de rencontres marquantes.

Absolument. Dès le départ, ça a été une rencontre marquante avec un producteur, puis Bertrand Le Page et Gérard Pédron sur « Body Physical », Étienne Roda-Gil sur « Dyslexique », puis Gainsbourg… Des belles rencontres humaines qui ont débouché sur des collaborations fluides. Ça n’a jamais été un combat de name-dropping (NDLR : liste de noms connus) ou du marketing. J’ai écrit « Au Bon Moment, Au Bon Endroit » pour moi. C’est ici et maintenant. Il se trouve que j’ai lu pas mal de bouquins, notamment « Le Pouvoir Du Moment Présent » d’un psychothérapeute mystique qui s’appelle Eckhart Tolle. Depuis le décès de mes proches, je me pose beaucoup de questions sur le temps. L’album en parle beaucoup : quand tu arrives à 50 ans, tu peux être pris dans le piège de la nostalgie du passé et de l’angoisse du futur. C’est une évidence car tu es quand même à plus de la moitié de ta vie. Coincée dans ces deux actions, je trouve que le fait d’accorder énormément d’intérêt au temps présent est la seule façon de s’en sortir. Je vis le temps présent ! Je ne pense pas à ce qui s’est passé dans mon passé, je ne me projette pas follement dans l’avenir car tout ça n’amène finalement qu’angoisse. Le temps est le fil conducteur de cet album.

Est-ce que cette philosophie a changé ta manière de vivre ?

Je me projetais trop dans le futur, c’était donc extrêmement anxiogène. Cela peut à la fois me donner une pulsion pour créer, mais également me détruire. Maintenant à chaque fois que je vis quelque chose de bien, je me dis : « C’est pris ». C’est à la fois une véritable hygiène de vie et une philosophie. Ne pas se jeter systématiquement dans le futur : du style toutes les questions que les gens peuvent se poser sur leur avenir. Je vis à l’instant T.

Ce n’est pas ton premier album et pourtant ce nouveau bébé a l’air de te stresser ?

Malgré le fait que je sois thérapeute et que j’explique ces théories sur le temps présent, il est vrai qu’il y a toujours chez un artiste un besoin de reconnaissance : le fait que je ne sois pas nourrie au niveau de mon ego. Eckhart Tolle dit que l’ego nous tue, c’est générateur d’angoisse. J’ai besoin d’une certaine forme de reconnaissance sur cet album. Je ne peux pas me détacher à ce point-là de la matière !

Recherches-tu la reconnaissance du public ou des professionnels ?

Je pense que j’ai toujours eu la reconnaissance du public. J’ai une base de fans et ils m’ont suivie. Ce qui m’énerve, c’est le système ! C’est presque de la politique quand je vois certaines émissions de télé qui n’ont rien à voir avec la musique. Je suis quelqu’un d’assez révoltée de façon sociétale. Par rapport à ce métier de showbiz qui est un microcosme, qui représente aussi toutes les tares de cette société voire même en pire, je ne suis pas d’accords.

Qu’est-ce qui te révolte encore aujourd’hui ?

Je suis moins révoltée qu’à 30 ou 40 ans, mais il y a encore plein de choses. Haïti m’a bouleversée, on est bien peu de choses. Ces enfants à l’agonie… Quand je vois aussi comment les grosses sociétés tordent en deux leurs employés : comment ils les utilisent, même leur stress pour avoir plus de compétitivité. C’est complètement dément.

Une phrase m’a beaucoup marquée dans « Petite messe » : « Si le destin est fait de ronces – Alors la couronne je l’enfonce – À feu à sang je suis en vie – Petite prière mon Dieu MERCI ». Finalement il y a quand même de l’espoir ?

C’est un album lumineux. Même dans « Éphémère », je dis : « Les anges gardiens de l’univers ». C’est la théorie des ensembles de maths modernes. Il faut qu’on ait conscience que l’univers tient sur nous, de notre planète, de l’autre, de la bienveillance, de la générosité, d’un minimum de choses que même les animaux ont d’une certaine façon presque plus de façon instinctive et que nous, nous avons perdu. Les animaux savent se protéger, s’entraider… Ils sont interconnectés entre eux. La flore également : les arbres, le pollen… Alors que nous, humains, nous sommes dans une stratégie individualiste : les gens n’arrivent plus à se rencontrer d’où les sites de rencontre sur Internet qui prospèrent, les trentenaires vivent dans un monde virtuel… Dans ce disque, il y a une forme de métaphysique ou de spiritualité qui fait qu’il y a une ouverture.

Sélection Tribu Move/Virgin



Le Monde

Le Monde

Véronique Mortaigne le 8 mars 2010

Buzy


Buzy

Au bon moment, au bon endroit

Une voix, un timbre, grave, dans la famille de Dani, la marchande de roses et de rêves troubles, un style et quelque chose de Daniel Darc : Buzy, succès rock en 1981 avec Dyslexique, en 1986 avec Body Physical, est toujours là.

Au bon moment, au bon endroit

La chanteuse revient régulièrement parler des zones de non-droit, des silences, des temps blancs de chaque individu. Après Borderlove (2005), Buzy poursuit son exploration des sonorités rock, avec l’appui du guitariste Yann Péchin, de Rodolphe Burger et de Daran, des personnalités à haute culture musicale. Gérard Manset lui offre une chanson onirique et tranchée, Les fleurs me parlent, et c’est un bonheur.



Tribu Move

Tribu Move

Tribu Move le 8 mars 2010

Buzy


Jeu n°3

Jeu n°3

Le nouveau travail introspectif de BUZY se nomme « Au Bon Moment, Au Bon Endroit ». Elle y délivre sa vision du monde et de la société actuelle et évoque, tout en poésie, l’amour et les relations avec les autres. Gérard Manset, Rodolphe Burger, Jean Fauque ou Yan Péchin ont participé à l’élaboration de cet album pop-rock soigné.

MVS RECORDS vous propose de gagner 10 C.D.’s – Albums.



L'Est Républicain

L'Est Républicain

Christine RONDOT le 6 mars 2010

Bertrand Louis


L’histoire d’un meurtrier mise en chansons le 23 avril à la Poudrière de Belfort

L’événement Bertrand Louis

Belfort. Quatre ans de silence, et le Belfortain retrouve sa voix. Pour pousser un coup de gueule. « Le Centre commercial », quatrième album de Bertrand Louis, dénonce violemment en dix chansons le consumérisme, ses mensonges, ses illusions. Sorti le 1er février, ce disque noir anti-bling-bling se démarque des productions en vogue.

L’événement Bertrand Louis

Une écriture, un style personnels, servis par une voix désinvolte et chaude déjà repérée.
Certains parlent d’une concept-album : il y raconte l’histoire d’un meurtrier, que l’on suivrait au fil des chapitres. Itinéraire d’un homme qui « pète les plombs » et d’un passage à l’acte sur fond de centre commercial et de journal télévisé. A la fin, le personnage central disparaît. Le poème « Hypermaché novembre », emprunté à Michel Houellebecq, lui sert de sépulture.
Paroles crues et intelligemment mises en scène, ambiances glauques, et toujours cette distance à la fois cynique et amusée : Bertrand Louis a l’ironie mordante et brillante. Un véritable auteur compositeur, éloigné des standards. « Je ne suis pas parti d’un concept mais de ma propre colère, de l’observation des pulsions destructrices » explique le Belfortain installé à Paris, repéré par France Inter pour son album précédant, « Tel Quel », que l’on pourra voir dans « Taratata » courant mars. « Je traversais une période de crise que j’ai utilisée pour construire le disque. J’ai eu envie de suivre la psychologie d’un meurtrier. J’ai puisé dans la lecture de romans noirs pour le titre « Scène de crime ». L’album à suspense, aux textes « pas politiquement corrects », détonne et enchante. Élégance, justesse, finesse, autodérision. Son parti pris radical évoque la crise et les crises, de la société ou des sentiments, avec une lucidité abrupte.
Sur le plan musical, Bertrand Louis fait des choix électro-rock qui donnent à l’ensemble un côté cinématographique bien dans le jus. Il s’est entouré de musiciens proches d’Arno et a enregistré à Bruxelles avec son ingénieur du son, Rudy Coclet, « très professionnel ». En concert à la Poudrière de Belfort le 23 avril, il se produira en quatuor avec l’ancien guitariste de Bashung, Arnaud Dieterlen, de Mulhouse, et deux ex-Belfortains, Jérôme Perrin et Sylvain Reynal. Bertrand Louis : un auteur brûlant qui a du style. Lui dit tout simplement : « Je chante comme je suis. »