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Non, le Québec n’a pas que des chanteurs à voix formatée pour les comédies musicales. La scène underground est aussi développée qu’en France et les artistes de talents ne manquent certainement pas. Présentation des Montréalités, structure qui permet aux artistes de Montréal de se faire un nom dans l’Hexaagone après s’en être fait un dans la capitale québécoise.
Jean Robert Bisaillon nous explique son fonctionnement.
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Comment est née l’initiative des Montréalités ?
Christophe Minier de distribution Anticraft est un passionné de la scène montréalaise. Il y voit une singularité et une richesse qui manque dans plusieurs autres marchés. Ainsi depuis un peu plus de deux ans, Christophe et André Joffre de Anticraft, Bob Vincent et Bertrand Aubonnet de PBox ou encore Anne Sophie Juan et Lissa Juster de MVS, tous partenaires dans divers projets, ont souhaité accroître leur engagement dans le développement de la scène de Montréal en France. Après avoir approchés sans succès divers intervenants québécois dans le but de mettre en oeuvre des initiatives mieux concertées, ils ont eu vent de mon travail. Je suis manager artistique, partenaire de l’Irma et du magazine Longueur d’Ondes depuis plusieurs années et j’ai vite reconnu dans l’engagement de Anticraft une rare opportunité de développement à long terme entre nos deux marchés.
Quel est son but ?
Á terme nous souhaitons créer une sorte de passerelle réciproque entre la France et le Québec sur le créneau des musiques amplifiées. Pour le moment, nous gérons un budget de placement publicitaire collectivisé, constitué de l’apport de divers partenaires publiques québécois et canadiens, nommément la SODEC et Musicaction. Nous avons pour objectif à court terme d’accroître la visibilité des artistes montréalais en France par la publicité, en appui au travail déjà effectué par les équipes qui accompagnent chacun des artistes ciblés sur la tournée ou le disque.
Quel est son fonctionnement ? Est-ce une collaboration franco-montréalaise ?
C’est en effet une collaboration bilatérale. Iconoclaste, ma boîte montréalaise, assure la recherche de financement, la co-gestion de l’enveloppe, la sélection et la préparation des outils publicitaires, alors que Anne Sophie de MVS coordonne les achats publicitaires médias, développe la stratégie de visibilité et me réfère les partenaires. C’est génial car elle connait tout le monde sur Paris ! Il existe dans ce projet une réelle synergie franco-montréalaise.
Quels sont les artistes relayés cette année ? Un petit mot sur chacun d’entre eux ?
Pawa Up First (Électro-hip-hop et jazz exploréen) - Nouvelle signature du label français Bassofone en rotation sur Radio Nova. Nuancé et original.
Champion et ses G-Strings (Techno-rock) - Nouvel album en concert qui capture l’énergie communicative des prestations du groupe.
Bori (Chanson sans compromis) - Parution française du septième album de cet artiste de la chanson atypique qui a terminé une série de huit concerts en octobre à Paris et Limoges.
Numéro# (Électro-Pop déjanté) - Plastique et groovy, Numéro# est le duo voix-synthé réinventé, un hybride inclassable entre hip hop et électro.
Gatineau (Rap salace) - Ils furent la « Découverte » du Québec au dernier Printemps de Bourges - Un habile équilibre entre poésie urbaine et fusion musicale - Trés moderne et « Edgy » - Un must pour les fans de Svinkels ou TTC.
Marco Calliari (World) - Italo-québécois proposant une chanson world énergique, qui met le feu lors de ses concerts.
MAP (Punk-rock engagé) -Partenaires québécois de Guerilla Poubelle - Punk sans compromis, engagement réellement intégré dans le cheminement du groupe.
La seconde vague annonce le retour de Karkwa, Le Nombre et Malajube en plus de proposer un nouveau cycle de découvertes.
Comment se passe la sélection des artistes ?
Nous avons lancé quatre-vingt-cinq appels en août dernier auprès de labels, managers et éditeurs québécois ayant eu recours aux soutiens de la SODEC et de Musicaction, organismes publics d’aide à l’exploration.
Les structures doivent faire la démonstration qu’elles sont engagées dans des initiatives à l’exportation en direction du territoire français pour les artistes qu’elles souhaitent intégrer à l’initiative. Nous estimons pouvoir accompagner quiconque étant actuellement actif à l’export. Ils n’ont qu’à nous contacter. La sélection artistique se fait d’elle-même, les propositions mettant en oeuvre des stratégies sur le France possédant par essence la maturité nécessaire.
Avez vous déjà des retours ?
Difficile d’évaluer l’impact sur le marché final des consommateurs. Toutefois le site des Montréalités enregistre déjà des milliers de visites. Outre FrancoFans, Longueur d’Ondes, OpenMag et les Inrocks sont impliqués dans le projet. Les structures participantes sont emballées par ce soutien inespéré qui allie l’expertise d’acteurs terrain à des budgets complémentaires à leur propres efforts de financement. Il est certain que la force du nombre et la labellisation des initiatives publicitaires de plusieurs artistes de Montréal, créé un effet de synergie qui accroît les chances d’attirer l’attention des amateurs de musique. De plus, nous souhaitions avec les Montréalités permettent la découverte d’artistes qui représentent davantage la réalité des scènes underground et de la vie culturelle de proximité de Montréal, nous voulions rompre avec l’idée que le Québec ne produit que de la variété et renforcer le côté éclaté de notre paysage sonore. Nous y parvenons fort bien avec cette première vague. site: www.montrealites.com
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